AÑO 2017


Este blog contiene casi todos los materiales de lectura del curso de Introducción a la Teoría Literaria.

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Grupo A -martes y viernes de 10 a 12.30hs -
Prof. Adj. (int.) Dra. Claudia Pérez, Col. Hon. Maite Vanesa Artasánchez

Horario de consulta: miércoles de 17.30 a 18.30hs.



Grupo B - miércoles y viernes de 18.30 a 21hs.
Asist. Pilar de León, Ayud. Stefan Martchenko



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Claudia Pérez - oliviapz@gmail.com

Maite Vanesa Artasánchez - maitevanesa@gmail.com

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Programa - Indice de Lecturas 1er. parcial




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21 may. 2015

Voyelles. Arthur Rimbaud




Voyelles (1871)



A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,



Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;



U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;



O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

— Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !



Ne cherchons pas autre chose dans ce sonnet qu'un protocole ingénieux de création poétique. Les correspondances entre voyelles et couleurs n'ont visiblement intéressé Rimbaud que comme un prétexte à invention, pour reprendre le mot utilisé par l'auteur dans Alchimie du verbe ("J'inventai la couleur des voyelles"), un prétexte à certaines associations d'idées.

Ces associations sont presque exclusivement fondées sur le rapprochement d'images évoquant la même couleur : rouges sont le sang et les lèvres, verts les pâturages et les mers, etc. Le rapport du phonème aux images est généralement arbitraire : pas le moindre "U", par exemple, dans le tercet consacré à cette voyelle. Le rapport de la lettre aux images l'est un peu moins : les vagues qui se creusent peuvent bien évoquer une succession de "U", le pavillon d'une trompette s'arrondit en forme de "O". De même, l'ordre suivi par le texte n'est pas entièrement fortuit. Sans reposer véritablement sur un discours, il produit un certain sens ou, du moins, répond à certains symbolismes et cartographie un univers personnel. Mais peut-être serait-il tout aussi juste de dire : un univers culturel. Car il s'agit d'une vision du monde stéréotypée, structurée par de grandes oppositions : le sublime (Dieu, le bleu du ciel, le rayon de lumière de "Ses Yeux") / l'immonde (l'ombre, les mouches, la charogne) ; le blanc (le noble, le pur) / le noir (l'ignoble, l'impur) ; la violence (le sang, la chair, le corps) / la paix (la nature, l'étude, l'esprit). Une vision du monde calquée, non sans une certaine ironie, sur les écrivains aimés, qui étaient aussi les écrivains à la mode du temps : Baudelaire, Hugo surtout.


http://abardel.free.fr/petite_anthologie/voyelles.htm

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